
La narration VR des Métamorphoses de Guernica transforme le visiteur en témoin privilégié de sa création…
Comment raconter Guernica sans déplacer l’une des œuvres les plus emblématiques du XXe siècle, conservée au musée Reina Sofía de Madrid ? C’est le défi relevé par Les Métamorphoses de Guernica, une expérience VR actuellement présentée au Musée national Picasso-Paris.
Comme le souligne Nicolas Thépot, réalisateur du projet : « La question de Guernica, c’était de comprendre le contexte dans lequel cette œuvre a été créée. Or la réalité virtuelle permet justement d’être transporté dans cette époque, dans ce contexte et dans l’itinérance du tableau. »
Au final, l’expérience virtuelle réalisée par Nicolas Thépot, d’une quinzaine de minutes, retrace à la fois la genèse de l’œuvre, son parcours international et son influence durable dans l’imaginaire collectif.
De l’atelier de Picasso aux ruines de Guernica
Comme le rappelle Nicolas Thépot, « la toile était trop grande pour l’atelier. Picasso lui-même n’avait pratiquement pas le recul nécessaire pour la voir entièrement ». Cette reconstitution permet de mieux comprendre les conditions de création de l’œuvre dans l’atelier des Grands-Augustins.
L’expérience recrée également le pavillon espagnol de l’Exposition universelle de Paris de 1937. Le voyage se poursuit enfin jusqu’aux ruines de la ville basque bombardée le 26 avril 1937, événement qui déclencha la création du tableau.
Une reconstitution numérique minutieuse
Contrairement à de nombreuses expériences patrimoniales contemporaines, Les Métamorphoses de Guernica ne s’appuie quasiment pas sur la photogrammétrie.
Les équipes ont en effet reconstruit intégralement les environnements à partir de plans, d’archives et de photographies historiques.
« Nous n’avons pas eu accès à certains lieux, notamment l’atelier. Il a fallu tout recréer à partir de documents d’époque », précise le réalisateur.
Le réalisateur souhait a tout prix éviter de tomber dans l’écueil d’un rendu inspiré du jeu vidéo… Textures, éclairages et ambiances ont été conçus pour restituer une esthétique proche de la photographie historique.
Son approche se retrouve également dans le traitement des personnages. Bien qu’entièrement modélisés en 3D, ils apparaissent volontairement flous, inspirés des longues expositions photographiques du début du XXe siècle… Ce parti pris esthétique invite à l’immersion historique.
Les défis techniques de la VR autonome
Profitant des nouvelles technologies au service de la réalité virtuelle, cette expérience repose sur des casques autonomes.
Après avoir travaillé sur Claude Monet – L’Obsession des Nymphéas en PC VR, pour le musée de l’Orangerie et le musée d’Orsay, Nicolas Thépot a pu profiter d’un retour d’expérience mais également bénéficier d’avancée technologiques qui rendent l’expérience utilisateur finale plus fluide.
Son défi consistait ici à conserver la richesse visuelle des environnements tout en maintenant une fluidité parfaite dans le casque.
« Les effets doivent toujours servir le propos. Je n’aime pas lorsqu’ils deviennent démonstratifs », souligne le réalisateur qui a produit une expérience qui immerge les visiteurs dans l’univers de Guernica et Picasso tout en restant au plus près de la réalité historique.
Une nouvelle maturité de la XR culturelle
À travers cette production, Lucid Realities confirme son expertise dans les expériences immersives consacrées au patrimoine et à la médiation culturelle.
L’entreprise poursuit ici une collaboration déjà fructueuse avec les institutions muséales françaises, tandis que VIVE Arts continue de soutenir le développement de ses projets XR à forte valeur culturelle.
Au-delà de la prouesse technologique, Les Métamorphoses de Guernica illustre l’évolution de la réalité virtuelle dans les musées. La technologie ne se contente plus d’ajouter une couche spectaculaire à la visite : elle devient un véritable outil de contextualisation historique et de transmission des connaissances.
En transformant le visiteur en observateur privilégié de la création de Guernica, l’expérience démontre comment l’immersion peut renouveler notre rapport aux œuvres majeures du patrimoine mondial.

