La Cinéscénie du Puy du Fou : 40 années d’une épopée technique

En 2017, le Puy du Fou fête ses 40 ans. L’occasion de parcourir les coulisses techniques d’un des plus grands spectacles permanents, salué comme une réussite mondiale avec plus de 2,2 millions de visiteurs chaque année.*
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Publié le 11/10/2017

 

Le 13 juin 1977, Philippe de Villiers découvre le château du Puy du Fou, enfoui sous les ronces et les orties. Au fil des années, la Cinéscénie, le spectacle nocturne originel, est devenu une superproduction. Et côté technique, l’artillerie lourde est sortie.

Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou depuis 2004, est un passionné de spectacle qui s’implique dans toutes les créations du parc, jusqu’aux choix technologiques. Il nous a confié certains ingrédients techniques de la recette, pourtant secrète, de la Cinéscénie. Pour lui, une seule devise : la technique au service de l’émotion.

 

Immerger le public avec l’audio

Nicolas de Villiers n’hésite pas à présenter Christian Heil, fondateur de L-Acoustics, comme un « génie ». Il lui a confié, au fil des années, la sonorisation de la Cinéscénie et de tous les spectacles du Grand Parc.

« Avec des enceintes au volume très concentré, Christian Heil a réussi à garantir un niveau élevé de qualité sonore sur toute la longueur d’ondes », admire le président. Ainsi, qu’il soit à 100 ou 150 mètres, le spectateur a la sensation d’être à la même distance de l’action. Une cinquantaine d’enceintes K1 et K2 assurent un son très directif et ciblé sur la tribune des spectateurs. La précision est d’autant plus grande, grâce à une diffusion en 7.5.1 (sept points de sons de face, cinq en arrière et un point de basses). L’orchestration, enregistrée en 256 pistes, est ensuite diffusée en douze pistes audio pour une immersion totale, équivalente, selon Nicolas de Villiers, à certaines des plus belles installations, comme celle de la salle Pleyel. Une sensation unique d’être au cœur de l’orchestre.

 

Émouvoir le spectateur grâce à la lumière et au vidéomapping

L’immense scène à ciel ouvert du spectacle nocturne nécessite une habile mise en lumières. Cette tâche minutieuse a été confiée depuis plusieurs années au light designer belge Koert Vermeulen. Lequel a repris entièrement le plan de feu avec les équipes du spectacle vendéen.

Ce sont désormais plus de 2 500 projecteurs qui sont dissimulés. 80 % sont fabriqués sur mesure pour correspondre aux exigences uniques du Puy du Fou. La précision est exemplaire pour pouvoir projeter le bon éclairage dans le timing, à 50 centimètres près, sur une scène de 23 hectares. Bien entendu, la plupart sont en technologie Led.

Le système, totalement automatisé, se joue en harmonie avec le vidéomapping 3D. Cette technique « permet de souligner et d’habiller les décors de manière à créer des surprises et des sentiments différents en fonction de l’histoire racontée au moment même », apprécie Nicolas de Villiers.

C’est donc désormais un élément de mise en scène important. Le mapping est joué sur le château, l’ensemble des décors ainsi que sur le plan d’eau. Vingt-cinq projecteurs Christie K20 et dix Christie K30 (30 000 lumens) sont utilisés. En 2017, la Cinéscénie se dote d’un nouveau décor monumental de 70 mètres de long et de 15 mètres de haut représentant un rempart surmonté par un village médiéval.

 

Étonner par l’innovation

Depuis 2016, une flotte de drones autonomes, capables de porter des éléments de décors lumineux, donne une autre dimension au spectacle, celle de la hauteur. Si les drones sont « invisibles », les éléments de décors, tels que des bougies géantes ou des danseuses, semblent voler dans le ciel étoilé. « Cela crée toute une poésie qui cache une haute technologie », s’émeut le président.

En partenariat avec la société nantaise Pixiel, les équipes du Puy du Fou ont donné naissance à vingt drones capables de présenter, de jour comme de nuit, une chorégraphie aérienne en vol synchronisé devant un public. Les appareils sont homologués par la DGAC, administration aérienne d’État. Baptisés Neopters, ils ont nécessité un investissement de 3 millions d’euros. Les drones s’élèvent à 60 mètres de hauteur et peuvent emporter des décors pesant jusqu’à 2 kg par appareil.

En grand passionné, Nicolas de Villiers s’émerveille : « Nous vivons dans une époque incroyable où, à l’échelle d’une vie d’homme, nous voyons des nouvelles technologies significatives s’installer quasiment tous les ans. » De quoi surprendre encore les spectateurs du Puy du Fou pendant de longues années…

 

La Cinéscénie du Puy du Fou en chiffres

  • 1h40 de spectacle
  • 3 800 comédiens bénévoles
  • Une scène de 23 hectares
  • 13 200 spectateurs par représentation
  • 370 000 spectateurs par an
  • 130 cavaliers
  • 80 techniciens
  • 28 000 costumes
  • 150 jets d’eau
  • 850 pièces d’artifices
  • 8 500 000 € de chiffre d’affaires en 2016

 

* Article paru pour la première fois dans Sonovision #8, p. 12-13. Abonnez-vous au magazine Sonovision (1 an • 4 numéros + 1 hors-série) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

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