Un entretien enregistré trop faiblement, un éclat de voix inattendu ou une transmission sans fil qui décroche au mauvais moment. Sur un tournage, ces incidents peuvent obliger les équipes à reprendre une séquence ou à chercher une solution en postproduction. Et lorsque le vidéaste travaille seul, surveiller constamment les niveaux audio devient une contrainte supplémentaire.
Le Sony ECM-W5 a justement été conçu pour répondre à ces situations. Le nouveau système associe deux microphones émetteurs ECM-W5T à un récepteur ECM-W5R. Il permet d’enregistrer plusieurs sources audio en parallèle, avec une transmission sans fil annoncée jusqu’à 500 mètres en champ libre.
Julien Salazar, chef de produit chez Sony Europe, rappelle que les créateurs travaillent « souvent avec des équipes réduites et peu de marge d’erreur ». Le fabricant a donc cherché à réunir dans un même système plusieurs fonctions habituellement réparties entre les microphones, l’enregistreur et la caméra.
« L’objectif est de simplifier le flux de travail audio, en offrant aux créateurs davantage de liberté pour se concentrer sur l’essentiel, raconter leur histoire. »
Du son directement dans le fichier vidéo
L’un des principaux intérêts de l’ECM-W5 concerne son intégration aux appareils Sony compatibles. Grâce à la griffe Multi Interface Shoe, le récepteur transmet numériquement le son à la caméra, qui l’intègre directement au fichier vidéo.
Cette connexion évite de multiplier les câbles ou de gérer systématiquement des fichiers audio séparés. Lorsqu’un tournage utilise habituellement un enregistreur externe, il faut ensuite récupérer les pistes et les synchroniser avec les images. Ici, le vidéaste retrouve les données audio directement dans son fichier vidéo, ce qui peut réduire les manipulations au montage.
Sony mise également sur l’enregistrement en 32 bits à virgule flottante. Ce format offre une grande latitude pour récupérer les variations de niveau sonore. Une voix très faible peut être remontée en postproduction, tandis qu’un passage plus fort peut être atténué sans les mêmes contraintes qu’un enregistrement classique. Le système limite ainsi les risques liés à un mauvais réglage du gain, même si la qualité finale dépend toujours de la captation.
Mais la principale sécurité se trouve peut-être ailleurs. Chaque émetteur dispose de 64 Go de mémoire interne pour enregistrer sa propre copie audio. Si la liaison sans fil est interrompue, le vidéaste peut récupérer l’enregistrement local plutôt que perdre définitivement la prise.
Cette mémoire peut conserver jusqu’à 90 heures de son en 32 bits flottants à 48 kHz, ou 60 heures en 24 bits à 96 kHz.
Quatre canaux pour les interviews et les tournages multicaméras
Avec l’ECM-W5, Sony cherche aussi à faciliter les captations qui impliquent plusieurs intervenants. Le système permet d’enregistrer jusqu’à quatre canaux audio sur les caméras compatibles, une possibilité intéressante pour les interviews, les tables rondes ou les reportages.
Le kit comprend deux émetteurs, mais ceux-ci sont également commercialisés séparément pour faire évoluer les configurations. Chaque microphone dispose par ailleurs d’une entrée mini-jack 3,5 mm verrouillable. Le vidéaste peut ainsi brancher un micro-cravate externe, comme le Sony ECM-L1, et adapter son installation aux besoins du tournage.
Le fabricant annonce également une transmission environ trois fois plus stable que celle de l’ECM-W3, selon ses propres mesures. La portée maximale de 500 mètres suppose toutefois une visibilité directe et des conditions de transmission favorables. En pratique, les obstacles, la présence du public et l’environnement radio peuvent réduire cette distance.
Pour les productions qui utilisent plusieurs caméras, la prise en charge du timecode doit aussi faciliter la synchronisation des enregistrements. Ce repère temporel commun permet de retrouver plus rapidement les éléments correspondants au montage.
Un casque Bluetooth pour surveiller le son
Autre nouveauté, la possibilité d’utiliser certains casques et écouteurs Sony compatibles Bluetooth LE Audio pour assurer l’écoute de contrôle sans fil. Le vidéaste peut ainsi surveiller le son sans rester relié physiquement au récepteur.
Les modèles compatibles peuvent également servir de sources microphone, ce qui ouvre d’autres configurations d’enregistrement selon le matériel utilisé.
Sony a aussi prévu un usage avec des équipements extérieurs à son écosystème photo. L’adaptateur USB-C fourni permet de connecter le système à un smartphone, une tablette ou un ordinateur compatible. L’alimentation du récepteur peut quant à elle être assurée par la griffe MI Shoe d’un boîtier Sony compatible.
Les émetteurs annoncent jusqu’à onze heures d’autonomie et disposent d’une conception résistante à la poussière et à l’humidité. Des caractéristiques particulièrement utiles lors des reportages et des tournages qui enchaînent plusieurs lieux dans une même journée.
Sony ECM-W5, les caractéristiques à retenir
| Configuration | 2 émetteurs ECM-W5T et 1 récepteur ECM-W5R |
| Enregistrement | 32 bits flottants / 48 kHz ou 24 bits / 96 kHz |
| Canaux | Jusqu’à 4 canaux sur une caméra compatible |
| Portée annoncée | Jusqu’à 500 m en visibilité directe |
| Sauvegarde | 64 Go de mémoire interne par émetteur |
| Autonomie | Jusqu’à 11 heures par émetteur |
| Connectivité | MI Shoe, USB-C, Bluetooth LE Audio sur appareils compatibles |
| Prix conseillés | 410 € le kit ECM-W5 210 € le récepteur ECM-W5R 130 € l’émetteur ECM-W5T |
Un lancement prévu en novembre

Sony commercialisera l’ECM-W5 à partir de novembre 2026. Le kit complet est annoncé à 410 euros, tandis que le récepteur ECM-W5R et l’émetteur ECM-W5T seront également proposés séparément, respectivement à 210 et 130 euros.
Avec cette nouvelle génération, Sony poursuit une logique d’intégration entre ses microphones et ses caméras. Pour les vidéastes, l’intérêt se jouera surtout dans la continuité du travail, depuis la captation jusqu’au montage, avec moins de manipulations et une source de secours lorsque les conditions d’enregistrement deviennent difficiles.
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