Attraction renversante au Futuroscope

Première européenne, la plate-forme de survol du parc du Futuroscope ouverte fin 2016, « L’Extraordinaire Voyage », inaugure de nouvelles générations d’attractions 5D.*
BANDEAUFUTUROSCOPE.jpg

Publié le 30/03/2017

BANDEAUFUTUROSCOPE.jpg

 

Moins secouante qu’un ride et plus planante, la plate-forme de survol, appelée aussi « soaring », embarque ses voyageurs qui, en douze secondes, se retrouvent les pieds dans le vide. Entre vertige et sensation physique de voler, ils viennent de « décoller » de Poitiers et s’apprêtent à faire, en quatre minutes, un tour du monde qui les conduira des pyramides de Gizeh au parc de Yellowstone, en passant par les cimes de l’Himalaya et les rives du Gange. Inspiré du « Tour du Monde en 80 jours » de Jules Verne, cet envol en 5D, presque entièrement réalisé en images de synthèse (hormis le décollage et l’atterrissage), se démarque, de par sa facture immersive et onirique, des quatre autres soarings existant au monde (Canada, Chine et USA), lesquels proposent des survols plus « touristiques » en prises de vues réelles.

 

Une fiction signée Cube

« Notre tour du monde devait se faire en prises de vues réelles, mais le survol de lieux comme le Taj Mahal s’avérant complexe, l’image de synthèse s’est vite imposée », raconte le directeur de création Olivier Héral. « Celle-ci nous permettait en outre de disposer d’un film en 6 K. »

Pris en charge par Cube Creative (avec Franck Savorgnan) qui a l’expertise des grands formats (rides pour le Futuroscope Péril sur Akryls et Ecodingo) et signé par Nicolas Deveaux (7 tonnes 2), le film fait glisser, de manière expressive, de décor en décor. Et ce, dès l’ouverture qui n’est autre qu’un plan du pavillon du Futuroscope filmé depuis un drone équipé d’une Red Dragon 6 K (à raison de 48 images par seconde).

Pour rester dans cette veine hyperréaliste, Cube a fait le choix d’un pipeline 3D à base de Maya, Houdini (pour les effets FX) et Clarisse, un nouveau moteur de rendu physique développé par Isotropix. Destinée à être projetée sur un écran géant (570 mètres carrés), l’image en sortie finale (6 000 par 4 000 pixels) et au ratio non conventionnel de 1,5 a été croppée en 4K avec des players vidéo et remappée sur une mire de déformation optimisée.

À noter que, pour mieux régler les effets d’accélération et de plongée (etc.), la production a recouru, pour la première fois, au casque Oculus et au moteur temps réel Unreal : « La salle était encore en cours de construction quand la production a commencé » (de juin 2015 à décembre 2016, ndlr), explique Bruno le Levier (Cube Creative). « Nous ne pouvions donc pas les tester sur place. Nous avons dû recréer la salle ainsi que le point de vue de chaque spectateur. L’équipe du Parc pouvait ainsi valider en temps réel la sensation et l’impact des images. »

Les tests seront également menés au Kinémax du Futuroscope et dans d’autres lieux disposant d’un grand écran ou de projecteurs 4K. Indissociables de l’attraction 5D, les effets spéciaux embarqués sur la plate-forme (vent, bruine, odeurs, fumées…), quant à eux, seront réglés plus tard par une société autrichienne afin qu’un vent frais accompagne le survol de l’Himalaya ou que des odeurs de cumin montent des rives du Gange.

Une musique originale, signée par Franck Marchal (Le Comptoir du Son), ainsi que des bruitages parachèvent cette sensation poussée d’immersion. Ce rendu sonore est restitué au moyen d’une spatialisation peu fréquente en 12.1 (diffusion via des enceintes Alcons), laquelle rend encore plus expressifs les clins d’œil à Jules Verne disséminés par Nicolas Deveaux dans le parcours.

 

Soaring sur mesure

Mis au point par la société canadienne Dynamic Structures, le dispositif du Futuroscope se distingue des autres soarings par sa configuration. Prévue pour la jauge importante de 84 personnes (650 visiteurs par heure), sa plate-forme basculante, dotée de sièges mobiles, autorise ainsi un chargement sur un seul niveau : « La sensation d’être catapulté dans l’image est plus intense, remarque Olivier Héral. Le visiteur ne sent pas la différence entre la montée physique et la plongée dans l’image. La continuité est parfaite. »

Le dispositif permet en outre d’amener les passagers au plus près de l’écran dont la forme torique légèrement aplatie au milieu assure une vision à 180 °, que le spectateur se trouve à 12 ou 25 mètres. Pour recouvrir cette surface, la projection recourt à cinq vidéoprojecteurs Christie Boxer 4K30, associés à des serveurs vidéo Modulo (installation par Tedelec). Un show control Medialon gère la mise en marche de la plate-forme (les mouvements ont été programmés par Dynamic Structures) ainsi que le lancement des médias. « Nous avons conservé la main sur la programmation des effets spéciaux à partir du Medialon afin de les modifier au besoin », précise toutefois le responsable projet, Jean-Pierre Joyaux.

Comme toutes les attractions de cette envergure (budget de 4 millions d’euros), le dispositif a fait l’objet d’un prémontage dans les ateliers à Vancouver. Puis, il a été remonté sur place, dans le pavillon du Tapis magique, par les équipes techniques et la société locale Ingéliance, chargée de sa maintenance. Dans les soubassements, l’imposante fosse technique (plus de 20 mètres de profondeur) abrite l’infrastructure du soaring (en fait deux plates-formes jumelles synchronisées) et ses moteurs électriques.

Producteur du contenu de l’attraction, le Futuroscope (deuxième parc en France avec 1,9 million de visiteurs), qui mise sur l’attrait de l’immersion grandeur nature et des dispositifs collectifs en réalité virtuelle, entend être un acteur sur le marché émergent du soaring. Le Parc a ouvert dans ce sens, début 2017, le Lab Futuroscope afin de développer et d’expérimenter – éventuellement commercialiser – ces technologies en fonction des besoins.

 

* Article paru pour la première fois dans Sonovision #6, p.20-21. Abonnez-vous à Sonovision pour accéder à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.

Articles connexes

L'interface de gestion des médias de Streamlike V6, avec l’aperçu d’une vidéo dans le lecteur intégré et l’accès à la bibliothèque de contenus

Hervé Nougier : « L’IA nous a permis d’aller beaucoup plus loin que prévu avec Streamlike V6 »

La plateforme de diffusion et d’hébergement vidéo destinée aux entreprises et aux organismes publics, Streamlike, franchit une nouvelle étape avec sa V6, huit ans après sa précédente version majeure. Cette refonte met l’accent sur la sobriété numérique, l’accessibilité et l’intelligence artificielle. Hervé Nougier, responsable de[...]
Les dix Trophées et douze Coups de cœur 2026 donnent à lire cinq évolutions majeures des usages audiovisuels.

Trophées SATIS 2026 : ce que le palmarès raconte des nouveaux usages audiovisuels

Et si l’on regardait les Trophées SATIS 2026 comme un observatoire des usages ? Derrière les dix Trophées et douze Coups de cœur, cinq mouvements se dégagent : des systèmes mieux orchestrés, des workflows IP plus matures, une IA intégrée aux outils, des dispositifs plus[...]
Six candidatures aux Trophées annoncent une première présentation au SATIS 2026 ou en France.

SATIS 2026 : six premières qui se distinguent

Caméra PTZ à obturateur global, multiviewer IP, réseau 5G privé, micro-casques, plateforme de gestion des masters et prise de vue aérienne en ULM : six candidatures aux Trophées SATIS annoncent une première présentation au salon ou en France. Une sélection à lire par les usages.[...]
Le mur INFiLED WT Series de la Hochschule Düsseldorf associe 48 caissons pour afficher les travaux des étudiants en 5 120 × 2 160 pixels. © INFiLED

Mur LED INFiLED 5K 21:9 : une nouvelle approche de l’affichage dans l’enseignement audiovisuel

À la Hochschule Düsseldorf, les étudiants en médias disposent désormais d’un mur LED 21:9 de près de cinq mètres de large. Intégrée par AbisZ Medien, cette installation INFiLED associe précision d’affichage, robustesse et maintenance simplifiée pour accompagner l’enseignement de l’image.[...]
Trophées SATIS 2026 : des innovations qui dessinent les nouveaux usages de l’audiovisuel

Trophées SATIS 2026 : des innovations qui dessinent les nouveaux usages de l’audiovisuel

Écrans, intégration, expériences immersives, automatisation, services… Les candidatures aux Trophées SATIS 2026 donnent à voir un audiovisuel qui se réinvente au contact des usages. Une sélection à explorer dès aujourd’hui pour imaginer ses prochains projets.[...]
© WSDG

WSDG repense l’acoustique du planétarium ZEISS

Pour ses cent ans, le planétarium ZEISS de Iéna, en Allemagne, a modernisé ses installations audiovisuelles. WSDG a repensé l'acoustique de cette salle historique pour intégrer un nouveau dôme de projection, un système audio immersif HOLOPLOT et une image fulldome 8K, tout en préservant son[...]

Sonovision évolue

Créez votre compte gratuit et profitez d’un accès illimité à l’ensemble des contenus Sonovision : actualités, dossiers, magazines en ligne, archives et newsletters exclusives.

Dernières Vidéos

Magazine online, Sonovision est destiné aux professionnels de la communication, du hors-média, de la production corporate et de l’intégration Audio et Vidéo, dans les univers de l’entreprise, de l’évènementiel, de la muséographie et des lieux publics…

Accès rapide