L’hybride à Lille inaugure le premier espace immersif de vidéo mapping de la région

    Depuis le 7 mars, l’histoire culturelle lilloise s’est étoffée... Reconnu pour sa programmation de courts-métrages, l’Hybride vient d'ouvrir une salle dédiée au cinéma immersif. Son ambition : accueillir 70 000 visiteurs la première année.
    L’hybride à Lille inaugure le premier espace immersif de vidéo mapping de la région

    Publié le 09/03/2026

    L’hybride à Lille inaugure le premier espace immersif de vidéo mapping de la région

    Porté par l’association Rencontres Audiovisuelles, l’Hybride de Lille inaugure un espace immersif. C’est sans conteste, un nouveau chapitre qui commence pour cet espace de diffusion et d’expérimentation…

    À la fin des années 90, quand la pellicule domine encore, l’association Rencontres Audiovisuelles parie déjà sur ce qui arrive – des nouvelles images à création numérique qui changent les règles du jeu. 

    Antoine Manier, son directeur, le rappelle d’entrée : « En 1998, on est au moment où la pellicule est encore le support dominant. Mais on sort tout de suite de l’écran. » C’est cette ligne mène l’association à la mise en place des dispositifs hybrides. 

    Pour rappel, en 2007, l’association va se faire très vite identifier, principalement sur le court-métrage. Elle décide d’ouvrir une salle, L’hybride, pour pouvoir avoir une programmation à l’année sur un territoire.

    En parallèle de ce travail sur le court-métrage, « on va continuer à s’intéresser à toutes les formes de création numérique qui émergent », poursuit le directeur.  

    Aujourd’hui, L’hybride prolonge cette logique en changeant d’échelle et de modèle, et devient la première salle de vidéo mapping immersif des Hauts-de-France visant 70 000 visiteurs la première année.

     

    L’hybride, Lille

     

    Le vidéo mapping – nouveau pivot économique 

    Installé dans un ancien garage à vélos devenu garage automobile, L’hybride a gardé le “jus” des friches industrielles. 

    Antoine Manier remonte le fil : « Il y a deux ans, ce lieu qu’on louait a été mis en vente. Si on n’achetait pas, on n’avait plus de lieu et nos projets s’arrêtaient. » Donc, l’achat sécurise la salle, mais la réalité est que le bâtiment vieillit, les charges montent, et l’exploitation doit gagner en régularité. 

    L’association assume ce revers dans une économie culturelle que le directeur juge « compliquée »malgré un intérêt du public qui reste au rendez-vous. En fin de compte, le mapping est vu comme un point de convergence entre deux majeurs axes de développement – la programmation en courts-métrages et les écritures numériques, désormais réunies autour d’un même outil de projection. 

    Concrètement, cette convergence passe par un plateau technique unique. Le dispositif repose sur une projection sur les quatre murs de la salle et le plafond, portée par 18 vidéoprojecteurs HD capables d’alimenter l’ensemble de la salle. Antoine Manier insiste aussi sur l’audio : « On dispose d’un système immersif qui complète la sensation d’enveloppement. »

    Un dispositif à la pointe de la technologie

    La salle entièrement couverte – quatre murs, le sol et le plafond – et présente une qualité d’image qui en fait
    l’une des salles les plus performantes au monde. Elle s’appuie sur 18 vidéoprojecteurs laser de 9 500 lumens, pour un pixel de 3 mm et une luminosité comprise entre 150 et 200 lux.

    Le lieu dispose également d’un système son immersif 13.2, composé de13 enceintes et de 2 caissons de basse.

    Côté interactivité, L’hybride accueille un serveur nouvelle génération : le prototype du nouveau serveur Modulo Pi, leader français et l’un des trois leaders internationaux des médias serveurs. Couplé à deux LIDAR – des capteurs qui scannent la présence du public par nuage de points -, ce dispositif permet une interaction fluide.

     

    L’hybride à Lille inaugure le premier espace immersif de vidéo mapping de la région
    L’hybride, Lille – FreeDome: Unlit… Unseen… Unknown… – Julia Shamsheieva © Denica Tacheva

     

    Pourquoi l’Hybride revendique un rôle de “game changer” ? 

    L’immersif ne naît pas avec les “salles à billets” d’aujourd’hui. Le dirigeant des   v remonte aux pionniers, en mentionnant les expositions immersives aux Baux-de-Provence, qui incarnent un jalon historique. Puis viennent les acteurs qui ont structuré le format à l’international, comme TeamLab Planets à Tokyo. La référence française reste l’Atelier des Lumières à Paris. 

    « Des lieux de ce type-là, il y en a un certain nombre dans le monde. Par contre, c’est une filière qui est aujourd’hui vraiment portée par le business. Les acteurs privés ont l’objectif principal de vendre des tickets. » explique Antoine Manier qui opte pour une autre direction…

    En effet, l’Hybride revendique sa différence, non pas sur la technologie, mais sur le modèle d’exploitation et le rapport aux œuvres. Le directeur l’énonce clairement : « Nous sommes en rupture par rapport à ce modèle qui existe aujourd’hui. Nous allons avoir vraiment un modèle de séance. »  

     

    « À L’Hybride, nous faisons le pari d’un immersif exigeant : un espace où le mapping devient cinématographique, où Lille s’affirme comme un territoire de référence et où l’innovation artistique et technologique rayonne au-delà de nos frontières. »

    Antoine Manier, directeur, Les Rencontres Audiovisuelles

     

    La salle s’émancipe de la visite en flux où le public entre et sort à volonté. L’hybride impose son rythme, en proposant des séances avec un début et une fin. C’est-à-dire que les œuvres sont conçues pour être vues dans leur intégralité, qu’elles soient linéaires ou interactives. 

    Enfin, l’enjeu se joue aussi sur l’éditorialisation. « Les séances sont différentes, avec différentes thématiques, plus proches des logiques de programmation, comme dans une salle de cinéma ou de spectacle, que de l’exposition en continu », conclut Antoine Manier. 

     

    Pour découvrir l’Hybride, rendez-vous sur son site

    Suite de notre reportage, mardi prochain… 

     

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