LG Dream Gallery LVMH déployée a Vivatech incarne une tendance de l’affichage professionnel : l’écran n’est plus seulement un support de diffusion, mais devient un composant à part entière du design, de l’architecture et de l’expérience client. À la sortie de la Dream Gallery, Louphet Eimer, Business Development Manager chez LG Information Display, détaille l’approche et les choix technologiques qui la rendent possible.
21 écrans LG intégrés dans la Dream Gallery de LVMH à VivaTech.
Technologies : OLED transparent, OLED Wallpaper de 4 mm et solutions MicroLED selon les usages.
Enjeu : transformer l’affichage dynamique en expérience architecturale et émotionnelle.
RSE : réduction de la consommation, dissipation thermique limitée et meilleure gestion de la veille.
LG et LVMH réinventent l’affichage premium avec la Dream Gallery à VivaTech
Le projet Dream Gallery reposait sur l’intégration de 21 écrans LG au sein de la Dream Gallery conçue par LVMH.
On y retrouve notamment un OLED transparent, mais aussi les écrans OLED Wallpaper, dont l’épaisseur ne dépasse pas quatre millimètres. Cette finesse permet une intégration particulièrement discrète dans les décors et les surfaces architecturales.
Pour LG, la difficulté n’était pourtant pas uniquement technologique.
À VivaTech, les écrans doivent être installés dans un environnement événementiel soumis à des contraintes très différentes de celles d’un showroom ou d’une boutique permanente : montage rapide, démontage, manipulations nombreuses et délais extrêmement courts.
LG a donc accompagné LVMH au-delà de la fourniture du matériel en prenant en charge l’intégration et la finition du dispositif.
L’objectif était simple : que la présence de la technologie ne rompe jamais la cohérence visuelle attendue dans un environnement associé aux codes du luxe.
Quand l’écran devient une matière
C’est sans doute le point le plus intéressant du discours de Louphet Eimer.
Pour lui, parler uniquement de « digital signage » devient réducteur. Dans la Dream Gallery, les écrans sont envisagés comme des matières intégrées à l’architecture.
LVMH travaille le cuir, le verre ou d’autres matériaux nobles. LG, de son côté, travaille une autre matière : celle de l’image, notamment à travers l’OLED.
Cette logique explique le choix de technologies différentes selon les usages.
Pour rechercher une profondeur de noir maximale et une image particulièrement contrastée, l’OLED reste privilégié. En revanche, dès que les dimensions augmentent fortement, le MicroLED ouvre d’autres possibilités de composition.
Il ne s’agit donc plus de chercher « la meilleure technologie » dans l’absolu, mais de sélectionner celle qui répond le mieux à l’expérience imaginée.
Dans le luxe, la technique arrive en dernier
Cette approche modifie aussi la manière de concevoir les projets audiovisuels.
Traditionnellement, un projet d’affichage part souvent d’un produit : taille d’écran, luminosité, technologie de dalle, player ou connectique.
LG revendique ici une démarche inverse.
L’équipe commence par définir l’expérience recherchée, le parcours du visiteur et l’émotion souhaitée. La technologie n’intervient qu’ensuite, comme une brique capable de matérialiser cette intention.
Cette approche paraît particulièrement adaptée au retail premium, où l’écran ne doit pas être perçu comme un équipement ajouté au décor mais comme un prolongement naturel de l’espace.
« C’est une première étape, non pas vers du digital, mais vers de l’expérience », résume Louphet Eimer dans l’interview.
L’efficacité énergétique intégrée au choix des écrans
L’expérience client n’efface pas pour autant les contraintes énergétiques.
LG met notamment en avant ses écrans vitrines équipés de dalles à faible dissipation thermique. Selon les données évoquées dans l’interview, celles-ci peuvent réduire la consommation de l’ordre de 25 à 30 % par rapport à certains équipements de référence du marché, avec une diminution comparable de la chaleur dissipée.
Dans une vitrine exposée au soleil ou dans des environnements où plusieurs écrans fonctionnent simultanément, cet écart devient rapidement significatif.
Le constructeur travaille également sur la gestion de la veille des grandes surfaces LED et MicroLED.
Plutôt que d’envoyer continuellement une image noire – ce qui maintient une partie de l’électronique active – LG cherche à couper réellement le player et l’affichage lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
Une optimisation invisible pour le visiteur, mais importante lorsqu’elle est multipliée par le nombre d’écrans et les heures d’exploitation.
VivaTech comme laboratoire du retail de demain
Pour LG et LVMH, la Dream Gallery ne constitue pas encore un modèle de boutique figé.
VivaTech agit plutôt comme un laboratoire grandeur nature où différentes technologies peuvent être mises en situation et confrontées au public.
L’enjeu viendra ensuite : identifier les expériences suffisamment pertinentes pour migrer vers les boutiques et les espaces permanents.
C’est probablement là que cette démonstration devient la plus intéressante pour les intégrateurs et les professionnels de l’AV.
La question n’est plus uniquement : quel écran installer ?
Elle devient : quelle expérience veut-on créer, et quelle technologie faut-il ensuite rendre presque invisible pour y parvenir ?
La Dream Gallery illustre un mouvement de fond du retail premium : la valeur ne réside plus dans l’écran lui-même mais dans sa capacité à disparaître derrière une expérience.
Pour les intégrateurs, cette évolution déplace progressivement l’expertise vers la scénographie, le design d’usage et l’intégration architecturale. La fiche technique reste essentielle, mais elle arrive désormais après le scénario d’expérience.








