Sur le stand 8.B33, les nouveautés ne formaient pas une simple juxtaposition. Shure montrait comment la captation, le traitement, le retour, la supervision et la gestion des liaisons sans fil peuvent partager davantage de données et d’automatismes. L’audio devient ainsi une composante active du workflow broadcast, capable d’alimenter plusieurs versions d’un programme et de signaler ses propres anomalies.
Shure à l’IBC 2026 en trois points
- Le DCA901 fournit jusqu’à huit canaux isolés, avec lobes orientables, DSP intégré et une seule connexion Dante ou AES67.
- Action Isolator traite huit canaux avec cinq modes de séparation, un automixage stéréo et une latence annoncée de 24 ms.
- WAVETOOL 4 supervise jusqu’à 192 canaux, conserve 30 minutes d’historique et permet à huit utilisateurs de collaborer ; Axient Digital PSM et ANX4 complètent la chaîne côté HF.
Le DCA901 transforme une surface de captation en huit zones audio
Dévoilé à l’IBC 2025, le DCA901 occupait à nouveau une place centrale dans la démonstration 2026. Ce microphone matriciel numérique a été conçu pour le sport, les studios et les événements en direct. Il délivre jusqu’à huit canaux isolés à partir d’un seul appareil, grâce à des lobes orientables dont les zones de captation peuvent être modifiées sans déplacer physiquement le microphone.
Une connexion Dante ou AES67 transporte l’audio, l’alimentation et le contrôle. Le DSP intégré prend en charge égalisation, compression, délai et automixage. Le DCA901 peut alimenter des productions distantes, des flux alternatifs ou une captation immersive 5.1, tout en fournissant une conversion stéréo pour les chaînes qui doivent continuer à desservir des formats traditionnels.
Action Isolator fait ressortir les sons qui racontent le jeu
La nouveauté la plus directement liée au sport était Action Isolator. Ce logiciel analyse jusqu’à huit canaux et isole en temps réel les événements sonores utiles, par exemple un impact de balle, un déplacement de joueur ou une voix de commentateur, tout en réduisant la foule et l’ambiance générale. Il propose cinq modes : basketball, baseball, hockey, réduction générale du bruit de fond et commentaire.
Chaque canal peut être réglé séparément et un automixage stéréo privilégie les sources où les sons recherchés sont détectés. Shure annonce une latence de 24 ms afin de préserver la cohérence avec l’image. Le logiciel fonctionne avec le DCA901, mais peut également traiter des microphones existants ou un sous-mixage via Dante Virtual Soundcard. Il nécessite Windows 11 et reste, à ce stade, proposé sous la forme d’un aperçu public gratuit pour une durée limitée.
WAVETOOL 4 ajoute l’écoute et le replay à la supervision
WAVETOOL 4 part d’un constat simple : les indicateurs de niveau ne suffisent pas toujours à identifier un bruit de vêtement, un connecteur intermittent ou un problème de synchronisation. Le logiciel réunit dans une même interface les sources filaires et sans fil, leur monitoring en temps réel, les alertes et l’écoute directe de ce qui parvient réellement au mixage ou à l’antenne.
La version 4 porte la capacité à 192 canaux et introduit Global Instant Replay. L’ensemble du système peut être remonté simultanément sur un historique maximal de trente minutes, afin de réécouter un incident après son apparition. Jusqu’à huit utilisateurs peuvent suivre la session en parallèle et échanger par chat, images, réactions ou notes vocales. La détection intelligente cherche par ailleurs à distinguer un véritable problème de microphone d’un son attendu dans le spectacle.
Le logiciel fonctionne sous macOS et sur iPad. Il découvre automatiquement les récepteurs Shure Axient Digital, ULX-D, SLX-D+ et ANX4 présents sur le réseau local ; certains récepteurs tiers peuvent être ajoutés manuellement. Shure propose une période d’essai de trente jours, puis des formules d’abonnement ou une licence perpétuelle.
Axient Digital PSM ajoute un mode numérique plus familier
Axient Digital PSM réunit désormais cinq modes de transmission. Le nouveau SC Narrowband reprend un comportement proche des retours intra-auriculaires en bande étroite traditionnels, avec l’objectif de simplifier la prise en main et de stabiliser les liaisons lorsque la planification RF ou l’installation d’antennes avancées sont contraintes. Il complète les modes Multichannel Wideband, Narrowband, Analog FM et Axient Digital Standard.
CueMode permet à un ingénieur d’écouter jusqu’à 64 mixages chiffrés depuis un seul récepteur de poche ADXR. La mise à jour améliore la navigation entre des entrées utilisant plusieurs modes de transmission et affiche un aperçu avant confirmation. ShowLink conserve le contrôle à distance des paramètres du récepteur. Les fonctions WMAS et leur capacité varient toutefois selon les réglementations régionales.
ANX4 concentre jusqu’à vingt-quatre canaux dans une unité de rack
Le récepteur évolutif ANX4 répond aux productions à grand nombre de liaisons. Une unité de rack peut recevoir jusqu’à seize canaux Axient Digital ou vingt-quatre canaux ULX-D. Il faut toutefois choisir l’un des deux environnements pour une configuration donnée : le récepteur ne les exploite pas simultanément. Sa plage d’accord s’étend de 174 MHz à 2 GHz, à l’exception de la bande ULX-D 902 MHz.
Le nombre de canaux actifs dépend de licences perpétuelles achetées par unité ou par blocs de quatre. Elles peuvent être retirées d’un ANX4 puis affectées à un autre depuis ShureCloud, ce qui intéresse les parcs de location ou les sites dont les besoins changent selon les productions. Quatre ports Ethernet prennent en charge le contrôle réseau et les sorties Dante ou AES67 ; quatre entrées d’antenne coaxiales facilitent les configurations multibandes.
L’actualité Shure de l’IBC 2026 en onze repères
Cinq Accelerators projettent l’audio dans des workflows personnalisés
En parallèle du stand, Shure participait à cinq programmes IBC Accelerator. IFeL explorait une présence à distance associant vidéo immersive, audio spatial et interaction. Le projet meCast travaillait sur des retransmissions sportives personnalisées dans lesquelles un spectateur pourrait suivre un joueur, privilégier certains sons du terrain ou choisir un commentaire localisé. Le couple DCA901 et traitement intelligent fournit ici la matière sonore nécessaire à ces versions alternatives.
SMART STORIES faisait entrer l’audio dans un écosystème de production agentique. L’état d’un appareil, l’analyse d’un signal ou la détection d’un défaut peuvent devenir des données exploitables par les agents et déclencher un traitement à l’arrivée du contenu. Le projet s’appuyait notamment sur le Story Object Model, les Agent Skills et le Time-Addressable Media Store.
De la captation physique au workflow agentique
Les deux autres Accelerators élargissaient encore le périmètre. VooPla travaillait sur des jumeaux numériques destinés à la planification d’une production distante et à l’allocation de ressources. Crystal Clear visait l’intelligibilité de la parole et l’accessibilité dans différents environnements média. Shure y apportait son expertise des microphones, du sans-fil et du traitement audio.
Le fil conducteur de cette présence IBC tient donc moins à l’ajout d’intelligence artificielle dans chaque produit qu’à la circulation de l’information entre les couches. Le microphone définit des zones, le logiciel isole et hiérarchise les sons, le monitoring conserve l’historique des incidents et les plateformes peuvent utiliser ces données pour personnaliser ou automatiser une partie de la production.
Une chaîne cohérente, à condition de conserver le contrôle éditorial
La proposition de Shure est cohérente parce qu’elle relie captation, traitement et exploitation. Le couple DCA901–Action Isolator peut réduire le nombre de microphones et faire ressortir des sons sportifs difficiles à exploiter dans une ambiance dense ; WAVETOOL 4 apporte une mémoire commune aux équipes ; ANX4 et Axient Digital PSM renforcent la souplesse RF. Il faut néanmoins conserver trois réserves : Action Isolator reste un aperçu public, les fonctions WMAS dépendent des réglementations locales et l’isolation algorithmique doit rester sous contrôle éditorial. L’IA peut préparer et hiérarchiser la matière sonore, mais elle ne décide pas seule de ce qui raconte le mieux l’action.








