La lumière d’aujourd’hui en installation AV

Le secteur AV utilise depuis toujours la lumière scénique. Mais il est de plus en plus fréquent de voir les fonctions d’éclairage plus classique passer de l’électricien vers l’intégrateur AV. Les cas les plus courants sont les amphithéâtres, les salles de conférences, ou les magasins, les espaces de démonstration, ainsi que la muséographie. Avec le développement des éclairages et des ambiances à Led, ce phénomène s’est encore accru.
lumiere1.jpg

Publié le 29/03/2016

lumiere1.jpg

Les utilisateurs sont de plus en plus sensibles à l’intérêt de contrôler les éclairages pour définir des ambiances, pour valoriser des zones, pour attirer le regard du visiteur. De plus, les multiples éclairages à Led permettent de construire des espaces lumineux variés, en combinant les sources de lumière, en intégrant des couleurs.

La lumière est traditionnellement à la charge des électriciens dans les projets. On ne peut que constater que les électriciens, en général, ne sont pas très bien formés aux techniques de lumières commandées. Les architectes ont de leur côté, pour une bonne part, intégré l’intérêt des systèmes de gradation configurables, mais continuent souvent de gérer les projets avec les courants forts des électriciens. Il y a là des choses à améliorer.

Techniquement, un certain nombre de systèmes sont disponibles sur le marché. On connaît les systèmes de gradateurs commandables en tension de 0 à 10 volts. Ce sont des systèmes analogiques parallèles qui commandent des gradateurs traditionnels avec distribution de courant fort. En version décentralisée, le 1/10 volt est un système proche qui commande des luminaires à gradateur intégré, une ligne par zone de contrôle. Ces systèmes sont tombés en désuétude, car analogiques, et de type parallèle un câble par groupe de luminaires.

En version numérique on rencontre le DMX-512. Développé initialement pour le spectacle, ce bus numérique est très performant, rapide (250Kb/s), et permet de contrôler jusqu’à cinq cent douze adresses sur deux cent cinquante-six niveaux. Même si on regrette sa limitation en nombre de canaux. La réussite du système ayant fait exploser la demande en nombre de canaux, il est possible de faire cohabiter plusieurs « mondes » ; un système peut, de ce fait, contrôler plusieurs fois cinq cent douze adresses. Sur le plan physique le DMX est un bus RS485 qui permet avec une seule ligne de boucler le bus d’appareil en appareil. Le DMX a accouché d’un petit frère, l’Art-Net, qui est simplement le protocole DMX porté au réseau IP, ce qui permet un câblage réseau, plus souple et parfois préférable.

L’autre système numérique qui se développe rapidement est le Dali (pour Digital Addessable Lighting Interface). Celui-ci est un protocole rustique de communication pour le contrôle de luminaires. Normalisé par l’IEC (62386), il n’est pas propriétaire. Physiquement, c’est un bus à deux fils non polarisés, qui se raccordent en série ou en étoile indifféremment, à partir du module de contrôle. Le câblage est facilité par le fait qu’il n’y a pas de polarité. Chaque bus accepte jusqu’à soixante-quatre adresses. La vitesse de communication est relativement lente à 1 200 bits/seconde. La possibilité de déclarer des groupes permet de réduire les communications en adressant le groupe pour une valeur plutôt que chaque luminaire individuellement. Les luminaires, ou les ballasts Dali ont donc une connexion trois fils 230 v + terre et deux fils de contrôle. Sur le plan raccordement, il est possible d’utiliser un câble cinq fils en 1.5² ou un câble secteur trois fils et un câble courant faible deux fils.

Le Dali est plus conçu pour les installations fixes et l’éclairage architectural. Il permet cependant de nombreuses combinaisons et en particulier de gérer les luminaires par groupe. Comme pour le DMX, ce bus permet le contrôle de Led de couleur en utilisant trois ou quatre adresses, suivant les ballasts en RVB ou RVB + blanc.

Au-delà, il existe des systèmes de bus propriétaire, tel que Lutron, Crestron, etc. proposant des ensembles, composés d’automates pour la logique, d’interfaces utilisateur, de types boutons, ou écrans tactiles, et des blocs de commandes de puissance pour les luminaires. Ces systèmes sont très performants et adaptés à des installations fixes. Dans tous les cas, ces systèmes de gradation sont contrôlables par les automates. C’est aussi là que se fait le lien avec les intégrateurs. L’automation, étant indissociable de la lumière dynamique et contrôlée, pousse les intervenants donneurs d’ordres vers les intégrateurs audiovisuels, qui ont déjà de l’automation et des interfaces utilisateurs dans leur projet.

Cependant, ceux-ci n’ont que très rarement la compétence de light designer, cette compréhension de l’espace, pour se projeter dans la version finie et éclairée qui est indispensable pour effectuer la prescription des types et quantités de luminaire dans l’espace. Les intégrateurs audiovisuels ne sont donc souvent que des exécutants, dans la mise en œuvre des projets, sur le plan lumière.

À l’inverse, une société comme Nanolight, à la base lighting designer, a développé des capacités d’intégration audiovisuelle, pour offrir à leurs clients un concept global, lumière, son, image. Pour Nanolight, un écran à Led ou LCD, est avant tout une source de lumière qui peut diffuser des images. Par exemple, dans le bar lounge Le Cosy, à Paris, les écrans sont un moyen de diffuser des événements sportifs à l’occasion, mais sont principalement utilisés comme source d’éclairage et d’ambiances mouvantes au quotidien, à partir de programmes fabriqués spécifiquement pour créer des ambiances. De ces deux cheminements, intégrateur audiovisuel vers la lumière ou light designer vers l’audiovisuel, les deux se retrouvent au final sur le même terrain. 

La société Nanolight, créée il y a dix ans, est tout d’abord un light designer, global lighting. On pourrait dire un intégrateur en lumière, de la conception dans l’espace à l’installation, indépendant des fabricants, apte à créer des systèmes sur mesure au besoin. La société a développé de nombreuses réalisations, en hôtellerie, espaces de commerce, bureaux (zones de réception client), cinémas, etc. De cette expérience, la société a créé la marque Exception qui représente l’aboutissement de l’intégration réseau, audiovisuelle et lighting, pour des projets privatifs haut de gamme.

Une meilleure connaissance de la lumière permettrait aux intégrateurs AV de proposer de meilleurs éclairages pour les salles de visioconférences. Celles-ci sont trop souvent éclairées comme un bureau par des luminaires de plafond, qui ne fournissent pas une lumière équilibrée pour la prise de vue des caméras, sans que personne ne propose un rééquilibrage de la lumière. Les nouveaux éclairages à Led sont un gros facteur de développement pour les intégrateurs audiovisuels. À eux de prendre le problème à bras le corps pour y développer un savoir-faire, en lumière d’intérieur, pour développer de nouveaux marchés.

 

 

Articles connexes

© Philips

Philips lance deux écrans incurvés QHD à 144 Hz d’entrée de gamme

Philips présente deux nouveaux moniteurs incurvés qui entendent concilier travail quotidien et loisirs. Disponibles en 27 et 31,5 pouces, les 27E3C2500 et 32E3C2500 misent sur une résolution QHD, une fréquence de 144 Hz et la synchronisation Adaptive-Sync, avec des prix annoncés à partir de 169[...]
EMC-W5 © Sony

Micro HF Sony ECM-W5, le 32 bits flottant directement dans la caméra

Sony présente l’ECM-W5, un nouveau système de microphones sans fil destiné aux vidéastes et aux créateurs de contenu professionnels. Avec son enregistrement en 32 bits flottants, sa mémoire intégrée et sa connexion directe aux caméras compatibles, le fabricant cherche à simplifier la captation sonore tout[...]
© Q-SYS

QSC ouvre un Q-SYS Experience Center à Munich

QSC ouvre un nouveau Q-SYS Experience Center à Munich, en Allemagne. Installé à DIE MACHEREI, cet espace de démonstration permet aux entreprises et aux intégrateurs de découvrir comment les équipements audiovisuels peuvent fonctionner avec les systèmes de gestion technique des bâtiments, des salles de réunion[...]
L'interface de gestion des médias de Streamlike V6, avec l’aperçu d’une vidéo dans le lecteur intégré et l’accès à la bibliothèque de contenus

Hervé Nougier : « L’IA nous a permis d’aller beaucoup plus loin que prévu avec Streamlike V6 »

La plateforme de diffusion et d’hébergement vidéo destinée aux entreprises et aux organismes publics, Streamlike, franchit une nouvelle étape avec sa V6, huit ans après sa précédente version majeure. Cette refonte met l’accent sur la sobriété numérique, l’accessibilité et l’intelligence artificielle. Hervé Nougier, responsable de[...]
Avec Radar, Axion Displays centralise le monitoring des équipements AV, la détection des anomalies et la maintenance préventive, y compris sur des installations multimarques.

Axion Displays lance Radar pour anticiper les pannes des systèmes audiovisuels

Avec Radar, Axion Displays veut faire évoluer la maintenance audiovisuelle d’un modèle réactif vers une supervision capable d’anticiper les défaillances.[...]
Le mur INFiLED WT Series de la Hochschule Düsseldorf associe 48 caissons pour afficher les travaux des étudiants en 5 120 × 2 160 pixels. © INFiLED

Mur LED INFiLED 5K 21:9 : une nouvelle approche de l’affichage dans l’enseignement audiovisuel

À la Hochschule Düsseldorf, les étudiants en médias disposent désormais d’un mur LED 21:9 de près de cinq mètres de large. Intégrée par AbisZ Medien, cette installation INFiLED associe précision d’affichage, robustesse et maintenance simplifiée pour accompagner l’enseignement de l’image.[...]

Sonovision évolue

Créez votre compte gratuit et profitez d’un accès illimité à l’ensemble des contenus Sonovision : actualités, dossiers, magazines en ligne, archives et newsletters exclusives.

Dernières Vidéos

Magazine online, Sonovision est destiné aux professionnels de la communication, du hors-média, de la production corporate et de l’intégration Audio et Vidéo, dans les univers de l’entreprise, de l’évènementiel, de la muséographie et des lieux publics…

Accès rapide