VivaTech 2026 a réuni plus de 200 000 visiteurs à Paris autour de l’intelligence artificielle, des startups et des technologies émergentes. © Vivatech
VivaTech 2026 a confirmé sa place de hub d’innovation mondiale notamment autour de l’IA.
L’avis de la rédaction
Plus que les démonstrations spectaculaires ou les annonces de produits, cette dixième édition de VivaTech aura montré un changement de nature de l’innovation. L’intelligence artificielle n’est plus présentée comme une technologie émergente mais comme une véritable composante transversale des stratégies d’entreprise.
Création de contenus, productivité, industrie, mobilité, santé ou cybersécurité : tous les secteurs semblent désormais construire leurs futurs usages autour de briques d’IA.
A l’occasion de son dixième anniversaire, le salon a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 200 000 visiteurs. Plus de 15 000 startups, 4 500 exposants et 1 155 intervenants se sont retrouvés à Paris Expo Porte de Versailles, rejoints par des délégations issues de 165 nationalités et de 60 pavillons pays.
Cette dimension internationale s’est également illustrée au plus haut niveau politique avec la présence du président de la République Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi. Par ailleurs, l’Allemagne, pays de l’année, a mobilisé une importante délégation ministérielle tandis que l’Inde occupait un rôle central en tant qu’AI Country Partner.
En dix ans, VivaTech est passé du statut de rendez-vous européen de la startup à celui de plateforme mondiale où se croisent dirigeants politiques, géants technologiques, investisseurs et entrepreneurs.
L’IA n’est plus un sujet parmi d’autres
Si l’on devait retenir une seule tendance de cette édition, ce serait sans doute celle-ci.
En 2023, l’intelligence artificielle était encore présentée comme une innovation émergente. En 2026, elle apparaît comme une couche technologique commune à l’ensemble des secteurs représentés sur le salon.
La liste des intervenants en témoigne. OpenAI, Adobe, Nvidia, AWS, Alibaba, Amazon, Siemens ou encore PwC ont tous abordé la question de l’intégration de l’IA dans leurs stratégies respectives.
La présence de Thibault Sottiaux pour OpenAI, de Shantanu Narayen pour Adobe ou encore de Peter DeSantis pour Amazon illustre cette évolution. L’enjeu n’est plus seulement de développer des modèles toujours plus puissants mais de les intégrer aux outils de travail, aux plateformes logicielles et aux infrastructures numériques utilisées quotidiennement.
L’IA devient progressivement un composant invisible de la productivité, de la création, de la cybersécurité, de la recherche ou encore de la collaboration.
La course aux usages remplace la course aux démonstrations
Cette maturité nouvelle s’est également ressentie dans l’approche des entreprises présentes.
Les éditions précédentes étaient souvent marquées par des démonstrations technologiques spectaculaires. Cette année, les conversations ont davantage porté sur les usages, le retour sur investissement et les déploiements à grande échelle.
Les thèmes AI & Productivity, Cybersecurity, DeepTech ou GreenTech ont largement dominé les échanges.
Les entreprises ne cherchent plus uniquement à expérimenter l’IA ; elles cherchent désormais à l’intégrer dans leurs opérations quotidiennes, leurs processus industriels et leurs modèles économiques.

Les startups veulent transformer les rencontres en contrats
Cette évolution se retrouve également dans l’écosystème startup.
Avec plus de 15 000 jeunes entreprises présentes, VivaTech demeure l’un des plus grands lieux de rencontre entre innovation et financement. Mais là encore, le salon a fait évoluer son approche.
L’apparition du Business Plaza ou encore des Investors Office Hours traduit une volonté claire : accélérer les mises en relation concrètes entre startups, grands groupes et investisseurs.
Le business matching prend désormais autant d’importance que la démonstration technologique.
Dans un contexte économique plus exigeant, les startups cherchent moins la visibilité que les débouchés commerciaux et les partenariats stratégiques.
Les interfaces du futur prennent forme
Comme chaque année, certaines innovations ont particulièrement attiré l’attention.
XPANCEO a notamment présenté sa lentille de contact intelligente, conçue comme une potentielle alternative aux écrans traditionnels dans un environnement dominé par l’intelligence artificielle.
De son côté, la démonstration du robot humanoïde Unitree contrôlé par l’activité cérébrale humaine a illustré les progrès rapides des interfaces homme-machine.
Ces projets peuvent sembler éloignés des usages actuels, mais ils dessinent déjà certaines orientations de la prochaine décennie : interaction naturelle, informatique contextuelle, intelligence distribuée et disparition progressive des interfaces traditionnelles.
La frontière entre monde physique et monde numérique continue ainsi de s’estomper.

Paris confirme son rôle de carrefour technologique européen
Au-delà des annonces, VivaTech confirme également l’attractivité croissante de l’écosystème européen.
La présence conjointe des grandes plateformes américaines, des champions technologiques européens, des délégations asiatiques et des startups internationales fait désormais de Paris un lieu de dialogue privilégié autour des enjeux technologiques mondiaux.
Dans un contexte marqué par les questions de souveraineté numérique, d’intelligence artificielle et de compétitivité industrielle, cette capacité à rassembler l’ensemble de la chaîne de valeur technologique constitue un atout stratégique pour la France et l’Europe.








