Rencontre avec Pierre-Yves Toulot, co-fondateur de Cosmo AV

L’évolution des outils de vidéoprojection impacte la création et la prestation. Créé en 2003, Cosmo AV, dont les prestations vont du mapping architectural au live TV en passant par les spectacles vivants et les parcs à thème (Puy du Fou...), précise les enjeux.
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Publié le 16/07/2019

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Mediakwest : L’utilisation de vidéoprojecteurs laser modifie-t-elle la pratique du vidéomapping ?

Pierre-Yves Toulot : Chaque évolution technique impacte le vidéomapping. Le passage au laser induit des transformations majeures. Depuis deux ans, il n’y a plus une seule lampe au xénon dans les vidéoprojecteurs que nous utilisons. L’offre des constructeurs s’est complètement modifiée et est devenue très concurrentielle. Aux Barco, Christie et Digital Projection sont venus s’ajouter d’autres acteurs comme Panasonic, Epson, Canon ou Vivitek, dont les gammes montent en puissance. Cette concurrence, qui s’accompagne d’une baisse conséquente des coûts, dope le secteur. Le matériel s’allège (la lampe peut être intégrée dans des projecteurs plus petits, donc la taille des cabines de projection se réduit), la maintenance se montre beaucoup moins importante qu’auparavant (une lampe laser dure plus longtemps, consomme moins…). Cette évolution favorise les installations pérennes.

 

Mediakwest : La prestation en vidéomapping va-t-elle se modifier pour autant ?

P-Y. T. : Nous notons chez Cosmo AV une augmentation du nombre des dispositifs pérennes. À Bourges par exemple, notre nouveau parcours « lumière », qui passe à la vidéo, devient permanent. De même que les spectacles sur les cathédrales de Reims et Rouen. Les sites étant mieux équipés techniquement (et leur maintenance ne représentant plus un gouffre financier pour la municipalité), les commanditaires pourront commander uniquement des œuvres. Les supports pour le mapping vont donc se multiplier. C’est autant d’opportunités pour la création.

 

Mediakwest : La technologie laser a-t-elle aussi des incidences sur le choix de la puissance des lampes ?

P-Y. T. : Nous favorisons aujourd’hui les petites sources car elles sont efficaces, plus faciles à intégrer et leur rentabilité est meilleure. En les croisant, on peut même mapper avec plus de précision. Nous utilisons aussi beaucoup de mono-DLP (entre 12/20 000 lumens) du fait de leur excellent ratio coût/puissance. Par contre, ces projecteurs ne garantissent pas une bonne captation si on travaille avec une trop forte intensité. À nous d’adapter les configurations en superposant, par exemple, les machines.

 

Mediakwest : La création des contenus doit-elle prendre en compte la diffusion en laser ?

P-Y. T. : Oui, car la qualité des lampes se montre moins bonne : le laser ayant un rendu moins homogène qu’une lampe xénon. De plus, la technologie laser n’est pas normalisée et les constructeurs développent des techniques propriétaires différentes. Ainsi, chez Christie, la lampe laser a un rendu plutôt rouge, celle de Digital Projection tend vers le bleu… Il faut donc revoir certains de nos process, et anticiper l’effet de la lampe en fonction du support de la projection (couleur, matière). En général, nous sursaturons l’image à la diffusion. Nous attendons avec impatience les prochains vidéoprojecteurs laser RGB (comme celui de Barco à 70 000 lumens) aux lampes de bien meilleure qualité. Ils délivrent une lumière enfin adaptée au vidéomapping, très saturée (avec beaucoup de rouge), contrairement aux autres projecteurs qui sont équilibrés pour le cinéma, le home cinéma ou l’éducation.

 

Mediakwest : L’étalonnage devient-il une étape plus cruciale du processus ?

P-Y. T. : Il l’a toujours été. L’étalonnage s’effectue maintenant directement sur nos media servers (Modulo Kinetic/Player, Only View, Watchout…). Si nous n’avons pas toujours le choix du media server, nous insistons toujours auprès de notre client pour choisir notre opérateur. Celui-ci fait partie de l’équipe artistique. C’est lui qui a la responsabilité du rendu et du compositing. C’est aussi sur lui que repose la diffusion des images. En multidiffusion et multiserveurs, il doit gérer un grand nombre de paramètres, dont parfois le choix des boucles du pré-show. À la fin, c’est souvent lui que le public applaudit.

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Sonovision #15, p.60-64. Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an + 1 Hors-Série) pour accéder, à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.

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